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Le Mystère de l'Aumone

22-05-2013

"Gardez-vous de pratiquer votre justice devant les hommes pour être vus, autrement vous n'aurez point de récompense auprès de votre Père qui est dans les cieux. Lorsque donc que tu fais l'aumône ne sonne pas de la trompette devant toi, comme font les hypocrites dans les synagogues et dans les rues, afin d'être glorifiés par les hommes. Je vous le dis en vérité, ils ont leur récompense. Mais quand tu fais l'aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait la droite, afin que ton aumône se fasse en secret, et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra " 
( Matthieu VI, 1 à 4 ).

LES AUMONES

Normalement, on sonne la trompette quand on veut annoncer une prouesse, un exploit, la victoire d'une armée ou bien la décision importante d'un souverain ou d'une autorité. Le coup de trompette a pour but la mise en relief d'un événement qui n'est pas habituel. C'est pourquoi le fait que l'hypocrite annonce à coups de trompette qu'il va faire l'aumône indique que ce geste n'est pas habituel en lui, qu'il n'appartient pas à son répertoire de gestes quotidiens, courants, ceux qui s'effectuent sans que nous nous rendions compte : la qualité ne fait pas partie de la nature de l'hypocrite, il s'agit pour lui d'un geste singulier, extraordinaire.

Jésus exhortait ses disciples à réaliser ce geste d'une façon spontanée et naturelle, sans y penser, presque comme un acte réflexe. L'aumône n'a de valeur que si elle obéit à un besoin intérieur, car elle indique alors que les mécanismes de la personnalité agissent à l'unisson avec les forces cosmiques, lesquelles, comme nous l'avons jamais vu, plantent leurs graines dans une première phase, nourrissent ensuite les corps selon leurs besoins pour après projeter à l'extérieur l'excédent de vie. Les trois fonctions, à savoir : planter, intérioriser et donner un fruit, sont présentes dans tous les domaines. Dans le règne végétal, les plantes donnent les fleurs (sauf quelques exceptions) et des fruits qui contiennent les nouvelles graines et on a encore jamais vu un arbre sonner de la trompette quand il est sur le point de donner un fruit, qui est son offrande naturelle, c'est l'aumône qu'il verse pour que ses compagnons d'évolution, les hommes puissent subsister.

L'aumône ne doit pas se limiter au don que nous faisons aux pauvres qui autrefois s'asseyaient à la porte du temple, et que nous trouvons maintenant dans les couloirs du Métro, et qui demandent l'aumône par écrit pour subvenir à leurs besoins. L'aumône est tout ce qui émane de tout d'une façon spontanée et naturelle pour aider les autres à vivre : les bonnes pensées, les bons sentiments, les bonnes actions. Les bonnes, car les mauvaises sont détruites par la force de Répulsion qui anéantit tout ce qui n'est pas conforme aux règles divines et ne peut être considéré comme une aumône. Offrir des mauvais sentiments, c'est comme mettre dans la poche d'un mendiant une pièce de monnaie qui s'auto-détruirait au premier contact. En ce sens l'individu qui fait l'aumône réalise trois fonctions naturelles que nous venons de décrire et qui consistent à : recevoir, se nourrir intérieurement et donner son excédent aux autres ; s'il le fait d'une façon naturelle et constante sans sonner la trompette, c'est qu'il a atteint la phase finale de son développement et se trouve dans le Royaume du Père.

Jésus nous dit que faire l'aumône c'est pratiquer notre justice devant les hommes, et il est vrai que d'une façon ou d'une autre, le fait de donner notre excédent signifie offrir à l'autre ce qu'il y a en nous de juste, ce qui a été élaboré par notre nature, façonné par nos sentiments et qui finalement après avoir été filtré par notre raison jaillit à l'extérieur, tel l'arbre qui offre ses fruits après avoir transformé son Eau-Amour en jus savoureux et son Feu-Soleil en sucre qui donnera de l'énergie à la volonté.
Le disciple doit donner ce que sa nature a élaboré de juste, comme le prunier donne des prunes et le poirier des poires. Si sa nature a élaboré des idées, il donnera des idées ; s'il est riche en sentiments, il offrira des sentiments, mais il doit également donner des fruits matériels : son temps ou son travail, d'une façon désintéressée, par exemple. L'aumône des pauvres est l'offrande la plus modeste, et en ce sens les pauvres réalisent une fonction positive car ils permettent que de nombreuses personnes qui ne sauraient le faire autrement, atteignent le niveau évolutif qui se caractérise par l'action de donner.


LES MYSTERES DE L'AUMONE

Jésus promet à ses disciples que le Père leur rendra-il précise plus loin - au centuple leurs aumônes. Il annonce ainsi une loi naturelle que le lecteur comprendra aisément s'il observe l'Arbre de vie.
Dans cet Arbre, qui se trouve à l'intérieur de chacun de nous, la réalité matérielle est représentée par Malkuth ; quand nous donnons à autrui une partie de ce que nous possédons, nous lui offrons en quelque sorte les portions de Malkuth, de ce qui fait partie de notre réalité matérielle, qu'il s'agisse de bonnes idées, de bons sentiments ou simplement d'argent. Si nous appauvrissons Malkuth et favorisons la formation de vides dans ce Centre, ces vides seront immédiatement ravitaillés par des éléments appartenant à la sphère immédiatement supérieure, Yésod, qui se videra à son tour pour recevoir les contenus de Hod et ainsi de suite jusqu'à Kéther-Père. En versant ses contenus dans les vides de Hochmah, Kéther se vide à son tour, et cela permet la pénétration, dans ce Séphira, de l'essence universelle du Père qui restituera tout ce qui est sorti de Malkuth. Si les pertes enregistrées par Malkuth (à cause de nos aumônes) sont très fortes, les restitutions de notre Kéther individuel le seront d'autant plus et le Père affermira sa présence en nous. Par conséquent, si l'ancienne religion de Jéhovah conseillait à ses adeptes de sacrifier un peu de leurs possessions, celle du Christ recommande de tout donner car en donnant tout, nous recevrons également tout. Malkuth ne s'appauvrit pas en se défaisant de ses contenus car il refait le plein sur le champ. Cependant, ce n'est pas à la récompense que nous devons penser quand nous cédons nos contenus humains car, le cas échéant, nous mobilisons les mécanismes de la colonne de Gauche et courons alors le risque de recevoir les contenus de Kéther par l'intermédiaire des Séphiras de Gauche dans lesquels circulent des biens périssables et où le Bien se trouvant à l'intérieur, pour le trouver nous aurons à détruire au préalable une épaisse croûte matérielle. 

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