Le jour où nous sommes dans l'évidence que le nombre contient toute la Création, que la Création part de lui, que toutes les formes qui la composent sont modulées par le nombre... Que le 1, l'unité, contient à la fois l'infini et le fini, l'éternité et le temps... Le jour où notre conscience se penche à la fenêtre du « tout est possible », alors notre curiosité avide d'absolu peut tout imaginer, et, si le silence permet à la note de musique de s'exprimer, le fini permet à l'infini de se déployer.
Ce passage de vie qui nous incombe et nous paraît si court offre la possibilité à l'infini qui nous habite de nous extraire de nos limites, avide de prendre son souffle dans toute son ampleur !
Chaque chiffre revêt sa couleur, sa valeur dans son interaction avec les autres. À peine sorti du 1, il se presse, se bouscule pour retourner vers l'unité, en ayant glané au passage de son déroulement dans le temps un plus d'intelligence et de conscience.
« Le Un a eu besoin de sa création pour pouvoir se reconnaître. » Toutes les formes de pensée, d'expression de laideur ou de beauté ne sont que la forme de cette quête de reconnaissance de soi. Nous nous posons tous, à un moment donné de notre vie, ces questions : « Qui suis-je ? Où vais-je ? » Et, s'il est impossible d'y répondre, du moins pouvons-nous « tendre vers »... sans arrêt. C'est peut-être cela, être vivant ! S'étirer sans fin vers des sommets dont la crête se perd dans les nuages, avide de les dépasser. Le seul mouvement de « tendre vers/aller vers » est porteur d'absolu. Tous les grands artistes, scientifiques ou créateurs connaissent bien cette recherche mêlée de bonheur et d'insatisfaction... Dans leur quête de perfection, ils ne sont jamais totalement heureux du résultat ; ils frôlent par moments le sommet et retombent, tel l'oiseau aux ailes impuissantes qui ne peut dépasser l'atmosphère.
Cependant, notre soif d'absolu trouve de temps en temps à s'étancher. Fatigué de faire le grand écart entre son état de finitude et son désir d'illimité. Nous découvrons alors, tout près, au creux de ce corps mortel, l'espace du « tout est possible ». Ceux qui l'ont atteint par moments reviennent émerveillés, et il leur sera impossible d'oublier cet instant de perfection... Il suffit de le savoir pour être confiants dans la divinité qui nous habite. Point de dieu extérieur, mais bel et bien une graine divine, en nous, qui n'attend que de germer.
La Création ne fait que commencer ! Comprenons que nous sommes responsables de son devenir. C'est nous les créateurs de Dieu, à la fois sa manifestation et son outil. Pour donner de la puissance à notre couleur, cette singularité qui nous est propre, pour alors participer à la création de la vie universelle, nous devons affirmer notre petit « Je ». Souvenons-nous que le J est la lettre Yod en hébreu et correspond au 10, et que ce chiffre parle d'évolution permanente, son symbole étant la roue. Faire grandir et évoluer ce « Je », c'est ce que nous avons à faire, en créant le grand mouvement, ne serait-ce que par une toute petite impulsion.
Comment certains peuvent-ils nous exhorter à lâcher notre ego ? Peut-on se défaire de l'outil qui aide à construire sa maison ? Tout être vivant a sa particularité, sa différence, et c'est cette richesse qui permet de créer un concert. Être singulier et l'affirmer est ce qui génère une résonance avec toutes les autres formes de vie. Chacun d'entre nous possède sa propre tonalité et fait à la fois partie de la mélodie : un et tout, simultanément.
Tous les nombres nous habitent et il ne nous est possible de commencer à les dérouler qu'en acceptant de passer par nous-mêmes. Notre petit « Je » doit s'affirmer totalement, s'imposer dans toute sa splendeur afin que sa résonance puisse chanter haut et clair, et participer à la symphonie de la vie ! Chaque fois que nous sommes créateurs, inventeurs hors de toute influence, nous faisons avancer la connaissance. La joie est dans la création, la souffrance est dans l'abandon de soi-même.
Peu importe de ne croire en rien, pourvu que l'on croie en soi, puisque nous sommes porteurs de tout. Sur le fronton du temple de Delphes est écrit : « Connais-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les dieux. » Si la souffrance existe, c'est bien que la Création n'est pas terminée. Le tout parfait et l'amour n'existent pas encore, du moins sont-ils en devenir ; nous en sommes les ouvriers, les artisans. Baisser les bras retarderait la marche du monde. Notre culpabilité ? Nos erreurs ? Nos lâchetés et nos faiblesses ? Peu importe, nous avons parfaitement le droit de nous tromper, d'être essoufflés. Voyons plutôt que ce sera là le ferment d'une nouvelle floraison.
Si nous possédons le pouvoir de perfectibilité, c'est que nous sommes investis d'un seul devoir : pousser toutes nos facultés vers la beauté, le plaisir, l'amour, la création. À partir du moment où nous sommes « dirigés vers », à défaut d'être totalement heureux, nous savons que nous nous trouvons sur k chemin. Si toutefois nous ne jouissons pas encore de ce paradis, nous savons qu'il existe et qu'il commence ici-bas.
Le paradis terrestre est à construire, et chacun de nous a un rôle à y jouer : les uns seront sensibles à la nature, les autres aux animaux, d'autres encore aux enfants, aux vieillards…
Tout est juste, toute vie contient la totalité de ce qui existe. Ces nombres qui modulent l'Univers, apprenons donc à les déchiffrer ! Avant de jouer du Mozart, il nous faut aller à la découverte de chaque note.
Soulevons doucement le voile qui rythme l'Univers. Découvrons le secret des nombres.
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